Hommage au professeur Abdelhamid Azizi
Abdelhamid Azizi nous a quittés le 16 janvier 2009 quelques jours avant l’anniversaire de ses 59 ans.
Il était professeur et chef de service d’orthopédie « B » à l’hôpital central de l’armée.
Né le 3 février 1950 à Oued Labiod dans la wilaya de Batna, il y fit ses premières classes: le primaire et une année de collège. Après le collège à Bordj Menaïel, il rejoint le lycée Abane Ramdane à Alger.
Bachelier en 1969 dans la série sciences, en même temps qu’un succès au baccalauréat français dans la série philosophie, il entame ses études de médecine à Alger.
C’est durant ses stages d’externat et d’internat à Bichat qu’il découvre la chirurgie orthopédique; l’intérêt devient vite une passion sous l’influence de feu le docteur Mohamed Ould Mohamed qu’il admirait.
Docteur en médecine en mars 1976 il intègre directement le service national qu’il effectue à l’hôpital central d’instruction des armées de Bab El Oued dans le service d’orthopédie du professeur Mohamed Mehdi, lequel, au fil des ans deviendra plus que son maître. Il ne le quittera plus comme, d’ailleurs, il ne quittera plus les services de santé militaire où il effectuera toute sa carrière en qualité de PCA.
En effet, le service national achevé, il entame son résidanat dans le même service et obtient son DEMS en novembre 1982.
Il est dés lors maître assistant dans l’unité de chirurgie orthopédique infantile dirigée par le Professeur Samir Arama.
En 1987, l’hôpital central de l’armée est opérationnel, les services de la santé militaire de Bab El Oued y sont transférés, il rejoint le service de chirurgie orthopédique « A ».
Docteur en sciences médicales en septembre 1988, professeur titulaire en juin 1996, il est chef de service de chirurgie orthopédique « B » en 1998.
De ses compétences professionnelles avérées et reconnues, je ne dirai mot, ses collègues et amis de l’HCA, qui ont eu à le côtoyer pendant des années dans l’exercice des ses missions de soins, d’enseignement et de recherche ont plus à dire.
Je parlerai de l’homme qui fut mon ami pendant trente ans.
Notre amitié date de mai 1980. J’étais, à cette époque, en fin de cursus de résidanat à Oran et j’avais décliné l’offre d’effectuer mon dernier semestre en France en optant pour un séjour dans une école algérienne : ce fut celle de notre maître le professeur Mehdi. Je me félicite encore de ce choix tant sur le plan de l’apprentissage que sur celui de l’expérience humaine.
Hamid était déjà un travailleur infatigable dont la disponibilité, le perfectionnisme et le sens critique étaient extrêmes.
Je le revois, un cliché à la main, analysant dans les moindres détails une ostéosynthèse et émettre des critiques sur le montage avec la même aisance qu’il s’agisse du sien ou du nôtre.
Je le revois aussi intervenir en colloque, de sa voix haute et assurée, pour apporter la contradiction et relancer les débats.
Je le revois, aussi nous « gâcher » les moments de détente méritée chez « Zaouche » en reposant inévitablement le problème d’un malade hospitalisé ou d’une question à présenter en staff.
Hamid avait une forte personnalité doublée d’un caractère entier, monolithique. Le noir et le blanc étaient ses couleurs dominantes, la gamme du gris l’importunait tout autant qu’il exécrait la bêtise et l’intrigue.
Je retiens de cette période de huit mois de vie commune et des longues discussions que nous avions eu deux images fortes : son souci de réussir et de progresser ainsi que son sens aigu du devoir, des devoirs devrais-je dire.
Après mon départ en janvier 1981, nous avons gardé un contact étroit, nous nous sommes revus régulièrement.
Au fil des ans, j’ai eu le bonheur de constater la pérennité de ses repères : devoir, honneur, dignité.
Il avait gardé cette capacité à s’indigner et cette dimension à prendre de la hauteur par rapport aux choses.
Il n’a jamais manifesté d’autres ambitions que celle liée à sa profession et loin des honneurs qu’elle peut procurer.
Sa famille était le nombril du monde et le football sa passion extra professionnelle.
Son caractère haute tension, il l’avait gardé, c’était le reflet d’une authenticité rare, il avait gardé aussi son humanisme et sa générosité que seuls les intimes pouvaient déceler.
Il avait lutté et surmonté la première secousse de la maladie, repris le travail et même le sport. La réplique lui a été fatale : il l’a subie avec le courage et la dignité dont il a fait preuve durant tout son parcours.
L’orthopédie algérienne perd avec lui une compétence et un homme intègre, je perds avec lui un ami fidèle.
C’est avec émotion que je partage, ainsi que les membres de la SACOT et ses amis, la tristesse de son épouse, de ses enfants et des siens.
Membre fidèle et actif de la SACOT depuis toujours ce 16ème congrès
est dédié à sa mémoire et le mot du président limité à son hommage.
Professeur Mahmoud El Salah KHAZNADAR