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14 ème congrès national de la SACOT
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Le mot du président de la SACOT

Le mot du président de la SACOT
Pr MS.  Khaznadar
 
En 2007, l'orthopédie algérienne a été endeuillée par le décès de deux de ses figures emblématiques : les docteurs Mohamed OULD M'HAMED et Amina BENKEDDACHE.
 
Récipiendaires, en 2006, de la reconnaissance officielle de la SACOT, au nom de l'orthopédie algérienne, ils n'ont pu assister à la cérémonie solennelle qui s'est tenue lors de l'ouverture du précédent congrès. Ils ont été heureux et honorés de cet hommage, si humble par rapport à leurs parcours et auraient été encore plus heureux à l'exprimer publiquement.
 
Coutumiers du fait de privilégier l'exercice de leur profession aux honneurs qu'elle procure, on aurait pu penser qu'ils étaient pris par d'autres engagements.
 
En fait, ils étaient engagés, chacun de son côté, dans ce face à face avec la maladie. Non pas de ceux, habituels, qui ont remporté tant et tant de victoires brillantes, pour le bonheur de leurs patients, mais dans cet ultime face à face avec leur propre maladie. Epreuve inévitable où la dignité, jusqu'au moment de tirer sa révérence, est la seule victoire possible. Cette victoire là, ils l'ont également remportée.
Ould et Mina sont sources de fierté autant pour leur famille que pour nos orthopédistes, car ils sont, non seulement des nôtres, mais aussi et surtout de ceux par qui nous sommes. Ce qu'ils ont donné à l'orthopédie algérienne doit rester dans nos cœurs et nos mémoires comme un capital de connaissances tant orthopédiques, humaines que morales.
 
Cette préface qui leur est dédiée est aussi un hommage à nos maîtres, pionniers de l'orthopédie, que j'ai eu la chance de côtoyer durant mon cursus et à l'entame de ma vie professionnelle qu'ils ont marquée à jamais.
 
Leurs qualités humaines, leur sens de l'éthique, leur rigueur intellectuelle, leur intérêt pour les nouvelles techniques, leur souci d'en démontrer l'utilité pour nos populations, d'en évaluer les risques, compte-tenu de nos conditions spécifiques d'exercice, doivent rester des sources constantes d'inspiration.
 
Leur rôle n'a pas été seulement de nous enseigner l'orthopédie, ils nous ont fait prendre conscience, dès le début du cursus, que nous appartenons à la communauté orthopédique. Cette dimension doit être la nôtre aujourd'hui, que ce soit dans l'enseignement du cursus ou dans le cadre de la formation continue de quelque nature qu'elle soit. Il n'y a pas plusieurs catégories d'orthopédie que l'on soit universitaire, santé publique ou libérale. La communauté orthopédique doit être une et indivisible, riche par la diversité de sa compétence, forte par la solidarité de ses membres et unie dans la défense des valeurs communes.
 
Leurs soucis de faire comprendre qu'"opérer à propos, c'est ce qui constitue la science du chirurgien, le reste n'est qu'un métier " était constant. La connaissance parfaite des techniques chirurgicales est une nécessité, par contre la présence chirurgicale n'est rien sans la pertinence de l'indication. Notre profession doit rester une symbiose d'activité intellectuelle et manuelle, et intellectuelle et manuelle, et avoir toujours à l'esprit que la démarche intellectuelle prime sur l'acte manuel.
 
Ils ont toujours défendu le statut du malade: partenaire dans l'exercice de notre profession et non moyen d'exercer notre art, ce partenaire doit être écouté, rassuré et informé. Avec la médiatisation et l'information tous azimuts, il est souvent demandeur des dernières techniques : il doit être conseillé et éclairé. Dépositaire de la confiance du malade, l'orthopédiste est astreint à un contrat humain qu'il doit remplir. Ce contrat doit prendre en compte les complications et leur prise en charge, parfois lourdes, que peut générer notre activité.
 
C'est cette relation qui conduit au succès du traitement qui, faut-il le rappeler, est le soulagement durable de nos malades.
 
De tous les principes fondamentaux et immuables enseignés par nos maîtres, il m'est apparu, en la circonstance, opportun d'en rappeler certains.
 
Ould et Mina aimaient non seulement leur métier mais aimaient aussi la vie, alors vivons pleinement ce 14ème congrès de la SACOT.
 
Pour la première fois, le congrès de la SACOT est présidé par une femme, le professeur Houria ZIDANI. Le hasard est curieux ; quel bonheur pour BENKEDACHE, première orthopédiste algérienne et OULD M'HAMED dont les opinions sur le statut de la femme étaient en avance sur son temps.

 
 
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