Avoir l’honneur et le privilège d’être le président de la SACOT me rend redevable vis-à-vis de tous ses membres, j'espère durant tout mon mandat répondre à leur confiance.
C’est aussi une immense charge à assumer pendant trois ans. Elle est d’autant plus lourde que mes prédécesseurs ont réussi la prouesse, malgré des conjonctures successives pénibles et les années tragiques qu'a traversé notre pays, d’inscrire le congrès annuel dans la pérennité. La reconnaissance que je leur exprime, au nom de tous, n’est qu’un humble hommage par rapport à la tache accomplie.
La SACOT assure aujourd’hui sa fonction première de société savante : la formation continue, le congrès est évidemment le moment fort de cette activité.
La qualité et la variété des travaux présentés dans les congrès et les journées intermédiaires (conférences d’enseignement, symposiums, tables rondes) procurent la part essentielle de la matière scientifique indispensable à cette formation.
Le site web, actuellement fonctionnel, y apportera un complément de qualité pour peu qu’il soit pris en charge par un comité permanent.
Mais c’est assurément la revue périodique qui optimisera de rôle de la société dans la formation continue. Sa relance devra faire l’objet d’un effort particulier.
La richesse humaine de l’orthopédie algérienne et le développement de la sur spécialisation interpellent la SACOT pour promouvoir l’émergence de « groupes d’étude spécialisés » tout en gardant sur le plan scientifique son rôle fédérateur. Cela devra se faire sur des critères de validation et d’évaluation à élaborer de manière rigoureuse.
Enfin, pour remplir pleinement ses fonctions de société savante, la SACOT doit entretenir l’excellent travail entamé au plan national et maghrébin avec les sociétés savantes s’intéressant à l’appareil locomoteur. Elle doit aussi, au plan international, diversifier et intensifier ses relations avec les sociétés savantes étrangères, en s’impliquant davantage par une participation accrue de ses membres dans les différentes sociétés et associations.
Mais la SACOT ne doit plus se limiter à ce rôle de société savante. Elle doit élargir son champ d’action, se projeter à l’extérieur et s’engager activement dans les débats de notre environnement.
La société algérienne est en pleine évolution, la SACOT ne peut pas rester à l’écart des problèmes qui concernent notre profession en général et notre discipline en particulier. Elle doit acquérir un statut d’interlocuteur et, pour ce faire, intervenir en direction:
1- des média: la médiatisation de la santé a entraîné une désacralisation de la pratique médicale. La SACOT doit inscrire son action dans le faire savoir. Tout reste à faire pour que notre profession, ainsi que son impact réel sur la société, soit bien connue à la fois du public et des pouvoirs publics.
Elle doit aussi informer la population sur nos possibilités ainsi que des solutions thérapeutiques nouvelles et de leur problématique compte tenu de nos conditions spécifiques d'exercice.
Elle doit, enfin, faire entendre sa voix, sans retard, dés qu'un problème ou une situation particulière le nécessite.
2- des pouvoirs publics, en particulier le ministère de la santé, de la population et de la réforme hospitalière ainsi que celui du travail et des affaires sociales.
La SACOT doit insister sur l'importance non seulement quantitative mais aussi qualitative de nos activités. La tendance à la hausse des activités est indubitable ne serait ce qu' en raison de la place qu'occupe notre pays en traumatologie routière et de la croissance régulière des pathologies liées au vieillissement de la population. La qualité des soins a un coût incontournable tant en investissement humain que matériel.
A l'heure des réformes et de l'actuel débat sur le système de santé, la SACOT doit oeuvrer pour la reconnaissance du statut réel de notre discipline en raison de sa position et de son rôle face aux problèmes de santé publique.
Cette reconnaissance devra induire:
- au niveau du secteur de la santé publique: une création de plus de postes budgétaires et une répartition plus cohérente des jeunes diplômés dans le cadre du service civil, aujourd'hui obligatoire mais aussi une amélioration de leurs conditions matérielles d'exercice,
- au niveau du secteur hospitalo universitaire: une budgétisation spécifique en adéquation avec les exigences financières d'un réel développement des soins de haut niveau ainsi que des mécanismes nouveaux de gestion seuls garants d'une disponibilité permanente et concomitante des moyens et d'une possibilité d'acquisition de matériaux ou d'implants d'usage non régulier (os de banque, prothèses pour tumeurs ...),
- au niveau du secteur libéral: le conventionnement de l'orthopédie par la sécurité sociale au niveau des structures privées accréditées par le ministère de la santé et ce au même titre que le sont actuellement les activités de chirurgie cardiaque et de cardiologie interventionnelle.
Mais la qualité des soins ne nécessite pas que des moyens financiers; elle requière également une culture de responsabilisation. La SACOT doit manifester son intérêt et s'engager résolument auprès des services concernés dans l'action de réduction des risques et complications liées à la pratique de notre discipline (contrôle des dispositifs médicaux, qualité des plateaux techniques, matério-vigilance ... ).
3- de l'université : en l'état actuel des choses, l'action de la SACOT ne se situera pas tant au niveau de l'enseignement, des évaluations, de la validation qu'au niveau de la création de certificats de sur spécialité et de diplômes inter universitaires dans lesquels son rôle d'interface sera essentiel.
Elle devra par ailleurs susciter un cadre légal et réglementé pour la participation à la formation universitaire et la recherche scientifique des nombreuses compétences que recèle le secteur libéral.
Tels sont les objectifs que doit se fixer La SACOT.
Programme ambitieux ? Certes, mais sa réalisation équivaudrait à une mise en conformité avec le cahier des charges d’une société savante du 3éme. Millénaire
Programme réalisable ? Par la seule action du bureau en exercice et le mode de fonctionnement tel que fixé par les statuts actuels, assurément non. La SACOT ne peut atteindre ces objectifs que par la participation active de tous ses membres, participation qui devra, pour partie, être permanente sous la forme de commissions définies statutairement.
La refonte des statuts de la SACOT est une question prioritaire inscrite à l’ordre du jour de l’assemblée générale. La confection de l’avant projet sera à la charge d’une commission provisoire constituée des membres du bureau en exercice, du comité des anciens présidents qui sera installé officiellement lors de l’assemblée générale et de membres volontaires qui voudront bien apporter leur expérience et leur perception des problèmes.
L’année 2007 devra être riche en décisions à prendre pour l’intérêt de la société et celui de ses membres.
Que l’on soit spécialiste de santé publique, hospitalo-universitaire ou privé, la SACOT est la « voix » commune de notre discipline pour non seulement faire savoir ce que nous faisons mais aussi faire entendre notre point de vue.
Participer à son développement et à son rayonnement c’est aussi rendre hommage aux efforts de pionniers de nos maîtres, encourager les jeunes et les rassurer sur la valeur de leur métier en l’attente d’une reconnaissance publique.
Quoiqu’il en soit le congrès reste le moment fort de la vie de toute société savante. Pour la SACOT c’est le 13 éme. Nous espérons, avec Tahar HAMDAOUI, président du congrès 2006, qu'il soit aussi réussi que les précédents et qu'il réponde à vos attentes. |